Stephan Valentin, spécialiste en outre des troubles du sommeil des très jeunes enfants, a réalisé l’adaptation française d’un livre précieux pour tous les parents,
Ce que disent les bébés avant de savoir parler.

Il a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions.
Dans l’idéal quel devrait être le rythme de sommeil d’un bébé ?
Le nourrisson dort environ 16 heures par jour pendant les premières semaines après sa naissance. Mais il existe une grande disparité entre les bébés. Certains n’ont besoin que de 13 ou 14 heures de sommeil, d’autres dorment beaucoup plus, jusqu’à 20 heures. En fait le rythme de sommeil “idéal” d’un nourrisson, c’est le sien. Un bébé allaité au sein dort en général 2 à 3 heures, puis il est éveillé pendant 1 à 2 heures avant de se rendormir. Quand un bébé est nourri au biberon, il dort un peu plus longtemps, environ 3 à 5 heures. Ces périodes courtes de sommeil persistent en général jusqu’au deuxième ou troisième mois, même la nuit.
Comment interpréter le fait qu’un bébé dort trop ou pas assez ?
La quantité de sommeil d’un bébé est déterminée biologiquement. Il ne sert donc à rien de forcer un bébé à dormir plus qu’il ne peut. En même temps, il ne faut pas être inquiet si votre bébé ne dort pas 16 heures par jour ou même si vous avez l’impression qu’il dort trop. Il est conseillé de ne pas déterminer le besoin de sommeil de son enfant par rapport à son âge, mais par rapport à ses besoins réels. En général, votre enfant vous montre quand il a besoin de dormir.
L’acquis dû aux parents prend-il le pas sur l’inné et dans quelle mesure ?
La part de l’inné et de l’acquis est une question qui a beaucoup occupé les scientifiques et à laquelle il n’est toujours pas possible de répondre de façon définitive. A l’heure actuelle, la plupart s’entendent à dire qu’inné et acquis sont intimement intriqués. Ainsi on a découvert que les neurones et leurs connexions sont à la fois déterminés génétiquement, mais dépendent également de l’environnement. Il est donc impossible de répondre à cette question. Mais quoi qu’il en soit, que ce soit par leurs gènes ou par leurs comportements, ce sont toujours les parents qui donnent à leur enfant ce qui le constitue.
Quand bébé pleure ou fait une colère comment lui répondre, le calmer ?
Cela dépend bien sûr de l’âge de l’enfant. Chez un bébé, on doit se poser la question, “Qu’est-ce qui a déclenché sa détresse ?” C’est plus important que la colère elle-même, car ainsi vous arrivez à calmer sa contrariété. Souvent, c’est la faim, la fatigue ou la douleur qui déclenche la colère.
Vers deux ans, en pleine phase d’opposition par exemple, l’enfant veut exprimer sa volonté par ses colères. Il va se jeter par terre, frapper autour de lui et crier pendant de longues minutes. Dans ces situations-là, il est très important de montrer à l’enfant que ses colères ne vous font pas peur et qu’il a à respecter ce que vous lui dites. Laissez le crier. Même au risque que dans la rue, on vous considère comme une maman ou un papa “terrible”. Il doit comprendre que sa colère n’est pas un moyen de chantage. Pour lui montrer que vous n’êtes pas d’accord avec ce moyen d’expression, mettez votre enfant à l’écart : seul dans sa chambre si vous êtes à la maison par exemple.
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La suite de cette interview prochainement sur ce même blog.
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